"Combattre pour la paix, il parait que c'est de bonne guerre"
Une autre de mes passions, en lien avec mon article précédent: l'Histoire. Et aujourd'hui, ce n'est pas seulement un jour férié, ce n'est pas un jour comme les autres. On fete l'armistice du 11 novembre 1918. Je trouve même honteux que certaines personnes, et je pense à une prof, soient étonnés que le 11 novembre soit férié...cela ne date pas d'hier pourtant.
Des milliers et des milliers de personnes ont donné leur vie pour notre liberté, des Français mais pas seulement. Le monde entier s'est battu dans les tranchées dans la Meuse, la Marne, la Somme mais aussi sur le front russe et austro-hongrois... Je trouve triste de voir autant de désinteressement par rapport à cette journée. Pour beaucoup, il s'agit seulement d'un jour férié. Pourtant, dans chaque famille, des hommes ont combattus pendant quelques mois, un an et certains pendant quatre années longues et éprouvantes. On ne peut imaginer la joie de ces soldats ce 11 novembre 1918 quand les cloches des églises se sont mises à sonner à tout rompre. Certains et on les compte par milliers ne reviendront jamais. C'est le cas de mon arrière-arrière-grand-père Gaston PILASTRE décédé le 27 septembre 1915 aux Eparges dans la Meuse. Un autre de mes arrières-arrières-grands-pères Léon COAILLET a combattu qui a survécu à quatreans de guerre et a reçu la croix de guerre.
Après le décès d'Henri de Cazenave le 20 janvier 2008 et Lazare Ponticelli le 12 mars 2008, il n'y a plus, en France, aucun poilu pour transmettre ce qu'ils ont vécu dans les tranchées et il n'en reste qu'une petite dizaine dans le Monde dont Henry Allingham, un britannique, l'homme le plus agé d'Europe.
Ce matin, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à tous ces hommes, ces héros Français, Allemands, Britanniques, Chinois, Australiens, Canadiens, Américains, Nouveaux Zélandais, Italiens, Luxembourgeois,... "Il est venu temps de leur rendre hommage, à tous, sans exception". Il n'a pas oublié les fusillés pour l'exemple. Ces enfants tués par leurs paires. Enfin les mutins de 1917 sont en passe d'être réhabilités.
Je trouve aussi symbolique l'endroit choisi pour cet hommage: l'ossuaire de Douaumont. Un ndroit où reposent des milliers d'os de soldats Fraçais et Allemands, ce qui est bien la preuve que la guerre n'a aucun sens: se détester, se battre, se tuer pour finir au même endroit, entremelé à des hommes que l'on a tués, haïs, détestés.
Aussi, je voulais mettre ici une lettre qui m'a ému, qui a été lu ce matin par une jeune fille, écrite par Georges Duhamel à sa femme il y a 90 ans, le jour de l'armistice.
"C’est fini, mon cœur, les hommes ne se massacrent plus !
Hier soir, tard, nous avons appris la nouvelle. Elle était encore fausse, puisque la signature ne date que de ce matin, mais nous avons joyeusement bavardé jusqu’à minuit et quand nous nous sommes réveillés, ce matin, c’était fait.
La journée, brumeuse, a été toute de gaîté grave. Ce soir, tout le camp a ses lumières sorties et on a illuminé les baraques garnies de branches de pin. C’est humble, touchant, un peu triste et grondant de soulagement et d’enthousiasme qui n’ose pas encore se lâcher. Les cloches ont sonné dans les villages. Nous avons offert le champagne aux blessés. Il y en a encore quelques-uns qui ne survivront pas. Je ne peux pas les regarder sans avoir le cœur déchiré. Les Italiens, nombreux ici, sont les plus exubérants. Ils se promènent par groupes en chantant des choses de leur pays.
Les prisonniers allemands chantent, paraît-il, dans les coins. J’en ai vu plusieurs éclater de rire en lisant les affiches officielles de l’armistice. Est-il vrai aussi que, dans sa détresse, leur pays doit connaître aussi une joie imprévue : celle de la régénération, de la révolution ?
J’ai reçu, ce matin, deux lettres de toi : celle du 7 et celle du 8. Sans doute je n’en aurai donc aucune demain. […]
Les lettres d’Arcos et de Jouve sont en effet troublantes. Ils sont malheureux de ne pouvoir prendre une part sans mélange de cet immense soulagement. […]
Voilà cette première journée de paix qui s’achève. C’est incroyable ! […]
Notre patience touche à sa fin, mes deux amours.
Ton cher mari
Georges"
Citation de Roland Bacri